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L'argot bruxellois 101 : les mots qui vous font passer pour un local

Par Guide Local Bruxelles
Brussels

L'argot bruxellois 101 : les mots qui vous font passer pour un local

Vous pouvez débarquer à Bruxelles avec un français d'école impeccable et être complètement perdu dès l'heure du midi. La Belgique parle sa propre version du français (et du néerlandais), cousue de mots qui feraient lever un sourcil à un Parisien. Apprenez-en une poignée et deux choses se produisent : la vie quotidienne devient plus simple, et les locaux se réchauffent instantanément parce que vous avez fait l'effort.

Voici le dictionnaire de survie qu'on aurait aimé qu'on nous glisse dès le premier jour.

Les chiffres qui piègent tout le monde

C'est le classique. Le français de Belgique compte différemment du français de France, et c'est franchement plus logique :

  • Septante = 70 (pas « soixante-dix »)
  • Nonante = 90 (pas « quatre-vingt-dix »)
  • Bizarrement, quatre-vingts (80) survit aussi ici, alors ne vous installez pas trop.

Quand quelqu'un vous donne un numéro de téléphone ou un prix, il utilisera septante et nonante. Mémorisez-les avant votre première virée au supermarché, sinon vous allez payer le mauvais montant à la caisse.

Commander à manger et à boire comme un Belge

  • Un pistolet — un petit pain rond et croustillant, la base du sandwich rapide. « Un pistolet fromage » est une institution du midi.
  • Un demi — de façon déroutante, en Belgique un « demi » désigne souvent un verre de bière normal de 25 cl, pas un demi-litre. Dans le doute, demandez simplement « une pils ».
  • Une chique — un bonbon (en France, « un bonbon »).
  • Un stoemp — une purée de pommes de terre mélangée à des légumes, pur réconfort bruxellois.
  • Un américain — steak tartare. Commandez-le en vous attendant à du bœuf haché cru, pas à un burger. Celui-là a piégé plus d'un nouvel arrivant.

Les mots pour les gens et les humeurs

  • Dikkenek — littéralement « gros cou », ça désigne un frimeur ou un vantard. Merveilleusement expressif.
  • Ket — un gamin ou un jeune gars, tout droit sorti du dialecte bruxellois (le brusseleir). « Un ket de Molenbeek ».
  • Zieverer — quelqu'un qui raconte n'importe quoi ou qui radote.
  • Snul — un peu benêt, dit avec plus d'affection que de méchanceté.
  • Blinquer — briller ou étinceler (du néerlandais blinken). Votre cuisine « blinque » après le ménage hebdomadaire du coliving.

Les expressions du quotidien que vous entendrez sans arrêt

  • « Ça va ? » — pas seulement « comment vas-tu ? ». En Belgique, c'est bonjour, au revoir, « on est bons ? » et « d'accord ? » tout à la fois. « Ça va, ça va. »
  • « Une fois » — le stéréotype du parler belge (« viens ici une fois »). Vous l'entendrez moins que ne le laissent croire les memes, mais c'est réel, généralement pour adoucir une demande.
  • « Non, peut-être ?! » — littéralement « non, peut-être ?! » mais ça veut en fait dire « oui, évidemment ! ». Un parfait exemple d'ironie belge. Maîtrisez ça et vous montez d'un niveau.
  • « Ça goûte ? » — « C'est bon ? » (traduction directe du néerlandais het smaakt). Aucun Parisien qui se respecte ne dirait ça.
  • « Kot » — une chambre d'étudiant ou un petit appart. Si un Belge vous parle de votre « kot », il parle de votre logement. Central dans la vie étudiante partout en Belgique.
  • « Faire la file » — faire la queue (plutôt que « faire la queue »).

Quelques perles flamandes / brusseleir

Même si vous vivez votre vie en français, Bruxelles est officiellement bilingue et le dialecte local (le brusseleir) s'infiltre partout :

  • Zwanze — l'intraduisible sens bruxellois de l'humour absurde et auto-dérisoire. Si vous savez apprécier la zwanze, vous comprenez la ville.
  • Broebeleir — quelqu'un qui marmonne ou s'emmêle dans ses mots.
  • Amai ! — une exclamation universelle de surprise (« waouh ! » / « oh là là ! »). Vous l'adopterez en une semaine, que vous le vouliez ou non.
  • Kotmadam — la (souvent légendaire) logeuse d'un kot étudiant.

Pourquoi se donner la peine d'apprendre l'argot compte vraiment

Bruxelles est l'une des villes les plus internationales de la planète — plus d'un tiers des habitants ne sont pas belges. Ça veut dire que les locaux sont habitués aux gens qui ne se donnent jamais la peine d'apprendre la saveur locale. Lâcher un « nonante-cinq » décontracté à la boulangerie, ou rire au bon moment quand quelqu'un fait une blague zwanze, signale que vous n'êtes pas juste de passage. C'est le moyen le plus rapide et le moins cher de se sentir moins touriste et plus résident.

Si vous emménagez dans un espace de coliving, vos colocs sont votre labo de langue intégré. Les colocs belges vous apprendront volontiers les gros mots (il y en a beaucoup), et vos colocs internationaux vous échangeront les phrases de survie qu'ils ont glanées. Une cuisine partagée vaut dix applis de langue.

La première phrase à apprendre

Si vous ne retenez rien d'autre : « Non, peut-être ? » — dégainez-la avec un visage impassible quand on vous pose une question évidente, et regardez un Belge sourire. Vous venez de parler bruxellois couramment.


Vous vous installez en ville ? Explorez nos guides de quartiers pour trouver votre coin de Bruxelles, ou faites le quiz matchmaker pour voir quelle communauté de coliving colle à votre vibe.

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